• Mario Griffin

Dégustation des vins de Torres : 5 générations vers une conscience verte


En plus d’une décennie, l’entreprise viticole Torres a réduit de 34% ses émissions de CO2 par bouteille. Cette démarche vise à intervenir tout au long du cycle de production soit de la vigne jusqu’au marché de la consommation. En se comparant avec les données de 2008, Torres espère réduire encore de 26% son empreinte écologique d’ici 2030 et atteindre 100% d’ici 2040.

Familia Torres est un fleuron de l’industrie viticole en Catalogne et près 50% de sa production est consacrée aux vins bio. Avec la complicité du producteur californien Jackson Family Wines, ils ont aussi fondé en 2019 l’International Wineries for Climate Action (IWCA). Derrière ce partenariat, ils ont pour ambition de développer un plan d’action mondial pour diminuer l’empreinte carbone de l’industrie du vin, en incitant d’autres vignobles à adopter des pratiques de développement durable.

Rencontre virtuelle avec Torres Le 16 novembre dernier, j’avais l’occasion de prendre part à une dégustation virtuelle des produits de cette maison qui est l’une des plus importante de l’Espagne, et qui possède même des vignes au Chili. Depuis 2012, Miguel Torres Maczassek est directeur général de l’entreprise Familia Torres. Il agissait d’ailleurs comme présentateur de cette dégustation virtuelle et il a profité de la présence branchée d’une quarantaine de personnes du milieu du vin et de la restauration au Canada pour aborder le sujet de l’environnement.


S’attaquer aux problèmes de la terre Étant le fils de Miguel A. Torres, notre présentateur affirme son engagement de préserver l’héritage de la famille Torres et de surtout de perpétuer ce symbole pour les générations à venir. Pour lui, l’entreprise doit s’assurer de mettre des efforts où il est important d’agir, c’est-à-dire dans les vignes et spécialement dans la protection des sols. Durant son exposé, il a notamment soulevé la dégradation des sols depuis les 50 dernières années et son impact sur la culture. Ils veulent s’attaquer notamment à simplifier les processus et s’inspirer de la façon que la nature agirait elle-même pour résoudre certains problèmes. Les techniques de rotation et aération des sols doivent aussi être corrigées, car en libérant son CO2 ceci contribue à appauvrir le sol et sa régénération. Ils espèrent ainsi régénérer plus de 500 hectares sur 5 ans chez Torres.

Une brochette de 5 vins à déguster

Évidemment, l’auditoire avait aussi le goût de découvrir les 5 vins de la gamme Torres Anthologia qui est la gamme supérieure des produits du producteur. Nous avons ainsi eu droit à un blanc et quatre rouges dont les prix varient de 65 dollars jusqu’à plus de 500$ la bouteille.

Le premier vin dégusté était le Milmanda 2018. Un vin 100% Chardonnay de l’appellation Conca de Barbera est élevé en barrique de chêne française à 80% et un 20% faisant l’objet d’une fermentation malolactique. Un vin blanc qui a donc un potentiel de vieillissement intéressant et qui pourrait se comparer facilement à de bons vins de Bourgogne.


Nous avons ensuite dégusté le Mas La Plana 2017, un vin qui a vu le jour en 1970 dans l’optique de célébrer la noblesse du Cabernet Sauvignon au cœur de la DO (Denominación de Origen) de Penedès, sur les terres de la Finca de Mas La Plana située à Pacs. Il s’agit aux yeux de bien des amateurs d’un rapport qualité/prix qualifiable de véritable aubaine. Pour 68,75 $ à la SAQ, il est difficile de trouver un vin avec une telle stature au niveau gustatif et avec un potentiel de vieillissement qui talonne des vins de Bordeaux qui se vendent trois à cinq fois le prix. Ce rouge est vieilli en fût de chêne français neuf (60%) pendant 18 mois. Avec ses 14,5 % le 2017 aura encore quelques années pour s’assouplir car ses tanins sont encore étoffés. Il faut préciser que jusqu’aux années 80 le Mas La Plana était élaboré avec du fût de chêne américain pour ensuite en créer une version plus voluptueuse dans les années 90 avec les fûts français. On a produit près de 90 000 bouteilles de ce millésime 2017.


A mi-chemin dans notre parcours gustatif, nous avons eu droit au Torres Reserva Real 2017. Ce vin d’appellation Penedès est aussi vieilli dans des fûts de chêne français pour 18 mois. Toutefois, ce mélange de Cabernet Sauvignon, Merlot et Cabernet franc de style bordelais n’est limité qu’à moins de 5000 bouteilles. On parle d’un vin qui dépasse les 160 dollars mais je n’ai pas vu ce vin au Nouveau-Brunswick par le passé. Il y en aura à peine 5 caisses dans l’ensemble du Canada.

L’avant-dernier vin au menu était le Grans Muralles 2017, un autre vin de l’appellation Conca de Barbera. C’est un vin qui exprime un style typiquement méditerranéen avec un assemblage qui se rapproche un peu des vins du Rhône mais avec une touche de finesse relevée. Du Grenache, du Carignan, du Monastrell et deux cépages plus rares et anciens soit le Querol et le Garro s’y retrouvent. D’après Monsieur Torres Maczassek la colonne vertébrale de ce rouge est néanmoins le carignan. La rareté de ce produit est encore une fois soulevé avec une production d’à peine 6300 bouteilles. Ceci fait en sorte que le prix est aussi à plus de 150 dollars dans la plupart des sites américains consultés, car il n’y en avait pas encore au Canada. Soulignons que le premier millésime de ce vin a vu le jour en 1996.


Enfin, nous avons couronné ce moment de pur bonheur par la dégustation du Mas de la Rosa 2018, un vin du Priorat. D’ailleurs, c’est avec beaucoup de soins que l’on a voulu établir la renommée de ce mélange de carignan et de grenache. D’abord dans le choix de son lieu de culture, car ils ont cherché de hauts sommets. On parle de plus de 500 mètres d’altitude alors que ces vieilles vignes de plus de 80 ans produisent ce nectar produit en quantité très limitée de 2020 bouteilles pour le millésime 2018. Fait à souligner, ce divin liquide est vendu à 560 dollars dans son millésime 2017 à la SAQ.


Depuis 1870 Torres cultive le bonheur et lorsque vous aller ouvrir votre bouteille de cette maison, prenez le temps de trinquer au savoir-faire de cette entreprise familiale qui œuvre depuis plus de 151 ans. Maintenant et plus que jamais, j'ai personnellement le goût d'aller découvrir moi-même ces fabuleux paysage de la Catalogne en Espagne et peut-être de rencontrer ce nouvel ami en personne.



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